Les dirigeants des partis conservateurs vous mentent au sujet de leur prétendue « RÉFORME ÉLECTORALE ». Une vraie « RÉFORME ÉLECTORALE » consiste en la révision de la représentation populaire à divers degrés des instances démocratiques. Voici des clés pour comprendre ce mensonge.
A partir de 1983, nous
avons assisté à la perversion et au démantèlement de la démocratie locale.
L’engagement pour l’administration des collectivités avait été jusque-là celui
des personnes œuvrant dans le social et qui n’étaient affiliés à aucune
formation politique.
Mais la dérive a commencé
quand, après la victoire du MSM sur le MMM aux législatives, il y a eu la
volonté de maîtriser et de réduire le pouvoir des mairies par le biais du
ministère des Administrations Régionales. Cette volonté de pouvoir unilatérale
était à ce point sans équivoque qu’il fit l’objet d’un slogan explicite : « Gouvernman Lalyans, Minisipalité
Lalyans ! ». Scandés par des partisans fanatisés, et repris par
des foules abruties par des lendemains de victoires électorales, ces
vociférations sont désormais l’hymne qui symbolise le deuil de la démocratie
locale…
La politique partisane,
telle que pratiquée par les partis conservateurs, aura été telle que les
administrations locales sont, désormais depuis ces années-là, totalement sous
la coupe des partis au gouvernement. On n’y trouve désormais que leurs agents
qui sont élus avec des moyens qui ne font l’objet de questionnements ni de la
commission électorale, ni de la presse.
Ce ne sont pas avec ces
suiveurs partisans que nos villes et nos villages bénéficieront de véritables
initiatives économiques et de développement local. Au contraire, ils ne servent
qu’à mettre les structures des administrations locales au service des
dirigeants de leurs partis. Nous en sommes ainsi au point où à chaque festivité
ou à chaque calamité naturelle, ce ne sont plus les élus locaux qui
interviennent auprès des administrés ; on assiste, au contraire, à un
défilé de ministres et de députés du gouvernement qui font leur campagne
incessante auprès d’une presse trop longtemps complaisante !
Médusée, et très peu
informée du fonctionnement des structures de la démocratie, la population en
est même à croire que c’est ainsi que cela devrait fonctionner. Les gens
attendent des ministres et des députés de leurs circonscriptions qu’ils se
comportent comme des personnalités omnipotentes. Et ceux-là ne sont que trop
ravis de se comporter comme tels !
Pour beaucoup, s’engager
en politique, c’est consentir à jouir des privilèges émanant de ces travers.
Mais, il y a ceux qui comme moi, veulent s’engager en politique parce qu’ils déterminés
à changer cela.
Cette volonté exige le
courage de vous dire que les Jugnauth, Ramgoolam, Bérenger et Duval vous ont
menti au sujet de cette prétendue « Réforme Electorale ». Chaque mot
compte en politique ; aussi je répète ce que j’avance : les
dirigeants des partis conservateurs vous ont MENTI. Et, puisqu’il importe
d’être responsable de ses propos, il convient de faire la démonstration de ce
MENSONGE.
La démonstration est
simple : ce dont vous parlent ces gens-là, ce n’est pas une « RÉFORME
ÉLECTORALE », c’est une « REFONTE des MODES du SCRUTIN ».
Une vraie « RÉFORME
ÉLECTORALE » consiste en la révision de la représentation populaire aux
divers degrés des instances démocratiques.
· Cela implique la manière dont le quotidien des
citoyens est administré à partir de son environnement local jusqu’aux instances
nationales.
· Cela implique la capacité à redéfinir les fonctions
des élus locaux au sein des collectivités et les niveaux d’autonomie dont
celles-ci ont besoin pour assurer les charges qui correspondent aux enjeux du
monde contemporain : la reconnaissance des nouvelles agglomérations, la
nécessité des services décentralisés, l’obligation de réduire les déplacements
routiers, la maîtrise du foncier pour les logements sociaux et les projets de
développement durable.
· Cela implique les ressources budgétaires, les
moyens administratifs et les dispositions légales pour favoriser le
développement local et, en particulier, l’encadrement des initiatives
économiques et sociales en provenance de ces milieux et la capacité à attirer
des investissements locaux et étrangers.
· Cela implique les lignes qu’il faut tirer pour
éviter toute perversion pouvant émaner des dérives partisanes et qui
compromettent nos structures démocratiques.
· Cela implique la capacité des élus nationaux à
assumer leurs rôles et leurs fonctions de législateurs pour revigorer notre
démocratie plutôt que de l’asphyxier en les soumettant aux intérêts de leurs
partis et les écrasant du poids de leurs égos surdimensionnés.
C’est bien cela la
différence entre une « REFONTE des MODES du SCRUTIN » et une « RÉFORME
ÉLECTORALE ». Une réforme électorale, par définition, consiste à réformer
la représentation populaire, dans la perspective d’une démocratie plus efficace
et agissante.
Ainsi, de toute évidence,
ce qui intéresse les partis conservateurs, c’est la manière de départager les
votes aux législatives, et surtout de définir, outre l’abjection raciste et
communautariste du Best Loser System, de nouvelles possibilités de repêcher des
dirigeants de leurs partis en cas d’échec électoral. En somme, ils veulent
trouver des moyens pour imposer des gens dont la population ne voudrait
plus !

