mardi 29 mai 2018

Réforme électorale: un vulgaire mensonge!



Les dirigeants des partis conservateurs vous mentent au sujet de leur prétendue « RÉFORME ÉLECTORALE ». Une vraie « RÉFORME ÉLECTORALE » consiste en la révision de la représentation populaire à divers degrés des instances démocratiques. Voici des clés pour comprendre ce mensonge.

A partir de 1983, nous avons assisté à la perversion et au démantèlement de la démocratie locale. L’engagement pour l’administration des collectivités avait été jusque-là celui des personnes œuvrant dans le social et qui n’étaient affiliés à aucune formation politique.
Mais la dérive a commencé quand, après la victoire du MSM sur le MMM aux législatives, il y a eu la volonté de maîtriser et de réduire le pouvoir des mairies par le biais du ministère des Administrations Régionales. Cette volonté de pouvoir unilatérale était à ce point sans équivoque qu’il fit l’objet d’un slogan explicite : « Gouvernman Lalyans, Minisipalité Lalyans ! ». Scandés par des partisans fanatisés, et repris par des foules abruties par des lendemains de victoires électorales, ces vociférations sont désormais l’hymne qui symbolise le deuil de la démocratie locale…
La politique partisane, telle que pratiquée par les partis conservateurs, aura été telle que les administrations locales sont, désormais depuis ces années-là, totalement sous la coupe des partis au gouvernement. On n’y trouve désormais que leurs agents qui sont élus avec des moyens qui ne font l’objet de questionnements ni de la commission électorale, ni de la presse.
Ce ne sont pas avec ces suiveurs partisans que nos villes et nos villages bénéficieront de véritables initiatives économiques et de développement local. Au contraire, ils ne servent qu’à mettre les structures des administrations locales au service des dirigeants de leurs partis. Nous en sommes ainsi au point où à chaque festivité ou à chaque calamité naturelle, ce ne sont plus les élus locaux qui interviennent auprès des administrés ; on assiste, au contraire, à un défilé de ministres et de députés du gouvernement qui font leur campagne incessante auprès d’une presse trop longtemps complaisante !
Médusée, et très peu informée du fonctionnement des structures de la démocratie, la population en est même à croire que c’est ainsi que cela devrait fonctionner. Les gens attendent des ministres et des députés de leurs circonscriptions qu’ils se comportent comme des personnalités omnipotentes. Et ceux-là ne sont que trop ravis de se comporter comme tels !
Pour beaucoup, s’engager en politique, c’est consentir à jouir des privilèges émanant de ces travers. Mais, il y a ceux qui comme moi, veulent s’engager en politique parce qu’ils déterminés à changer cela.
Cette volonté exige le courage de vous dire que les Jugnauth, Ramgoolam, Bérenger et Duval vous ont menti au sujet de cette prétendue « Réforme Electorale ». Chaque mot compte en politique ; aussi je répète ce que j’avance : les dirigeants des partis conservateurs vous ont MENTI. Et, puisqu’il importe d’être responsable de ses propos, il convient de faire la démonstration de ce MENSONGE.
La démonstration est simple : ce dont vous parlent ces gens-là, ce n’est pas une « RÉFORME ÉLECTORALE », c’est une « REFONTE des MODES du SCRUTIN ».
Une vraie « RÉFORME ÉLECTORALE » consiste en la révision de la représentation populaire aux divers degrés des instances démocratiques.
·      Cela implique la manière dont le quotidien des citoyens est administré à partir de son environnement local jusqu’aux instances nationales.
·      Cela implique la capacité à redéfinir les fonctions des élus locaux au sein des collectivités et les niveaux d’autonomie dont celles-ci ont besoin pour assurer les charges qui correspondent aux enjeux du monde contemporain : la reconnaissance des nouvelles agglomérations, la nécessité des services décentralisés, l’obligation de réduire les déplacements routiers, la maîtrise du foncier pour les logements sociaux et les projets de développement durable.
·      Cela implique les ressources budgétaires, les moyens administratifs et les dispositions légales pour favoriser le développement local et, en particulier, l’encadrement des initiatives économiques et sociales en provenance de ces milieux et la capacité à attirer des investissements locaux et étrangers.
·      Cela implique les lignes qu’il faut tirer pour éviter toute perversion pouvant émaner des dérives partisanes et qui compromettent nos structures démocratiques.
·      Cela implique la capacité des élus nationaux à assumer leurs rôles et leurs fonctions de législateurs pour revigorer notre démocratie plutôt que de l’asphyxier en les soumettant aux intérêts de leurs partis et les écrasant du poids de leurs égos surdimensionnés.
C’est bien cela la différence entre une « REFONTE des MODES du SCRUTIN » et une « RÉFORME ÉLECTORALE ». Une réforme électorale, par définition, consiste à réformer la représentation populaire, dans la perspective d’une démocratie plus efficace et agissante.
Ainsi, de toute évidence, ce qui intéresse les partis conservateurs, c’est la manière de départager les votes aux législatives, et surtout de définir, outre l’abjection raciste et communautariste du Best Loser System, de nouvelles possibilités de repêcher des dirigeants de leurs partis en cas d’échec électoral. En somme, ils veulent trouver des moyens pour imposer des gens dont la population ne voudrait plus !


samedi 19 mai 2018

Massacre des Palestiniens: voilà pourquoi la diplomatie mauricienne ferme sa gueule!


Aucun gouvernement mauricien émanant des partis conservateurs ne prendra position contre le gouvernement sioniste d'Israël. C’était plus facile d’éventuellement évoquer une vague solidarité envers le peuple palestinien, mais la diplomatie mauricienne ne s’en donne même plus la peine. Pourquoi?
Pas seulement parce que la diplomatie mauricienne ne parviendrait pas à faire la distinction entre être anti-sioniste et antisémite. Pas seulement parce que tous ces dirigeants sont inféodés à certains Etats occidentaux qui trouvent leur intérêt au fait qu'Israël entretienne le chaos au Moyen-Orient. Pas seulement parce que leur politique divisioniste au plan local a été jusqu'à favoriser l'opportunisme d'un Soodhun dont on ne sait s'il serait davantage un élu mauricien ou un agent de l'Arabie Saoudite, Etat qui a financé moult conflits par le biais de groupes islamistes et qui ne s’en cache pas.
Non, la raison principale tient en ceci: comment se positionner face à Israël et dénoncer sa politique d'occupation quand on pratique soi-même l'occupation du territoire d'autres peuples? En effet, tout comme pour Israël, ceux qui ont participé à la "Conspiration de Lancaster House" ont consenti à l'héritage colonial, au legs des Britanniques, qui consistait à prendre possession du territoire des Rodriguais et des Agaléens! La contrepartie n'était pas cher payé pour eux qui consentaient dans le même temps à céder le territoire des Chagossiens.
Comment voulez-vous donc, qu'avec ce néocolonialisme dont tout le monde s'accommode, que le gouvernement mauricien se prononce contre l'apartheid et la politique d'occupation du gouvernement sioniste d'Israël?
Publié initialement sur Facebook le mercredi 16 mai: https://www.facebook.com/notes/jo%C3%ABl-toussaint/massacre-des-palestiniens-voil%C3%A0-pourquoi-la-diplomatie-mauricienne-ferme-sa-gueu/2203711789655294/

dimanche 3 décembre 2017

Je suis #Lascar

Je suis #Lascar
A Maurice, se prétendre « Lascar » et ignorer le drame humain qui se joue au Yemen, comment est-ce possible ? C’est possible quand un peuple ne connaît pas son histoire. C’est possible quand on confond ses pratiques religieuses et son identité historique et culturelle. C’est possible quand même les intellectuels abdiquent face à l’inculture du personnel politique qui a fini par convenir d’une diplomatie ethnicisée et opportuniste en faveur des Etats les plus forts, même si cela va à l’encontre des considérations humaines les plus élémentaires.

Soodhun, l’envoyé du gouvernement Jugnauth en Arabie Saoudite, est une injure à l’histoire des Mauriciens en général et des Lascars en particulier. Au moment où l’Arabie Saoudite affame un peuple pour l’assujettir, c’est oublier que nos pères et nos grands-pères et même nos grands-mères, honorables Sapsiway et décodeuses, sont allés combattre les nazis qui utilisaient la famine comme arme de guerre.
Le comble c’est quand on ignore que les Lascars sont des nôtres. Les Yemenites et les Omanais sont les Lascars dont nous sommes issus. Les Lascars étaient les pilotes des navires qui ont permis aux Hollandais, aux Portugais et aux Français de naviguer sur tout le pourtour de l'océan Indien. Du Yemen à Oman et Ras al-Khaimah, il n'y avait pas les mêmes frontières qui ont été dessinées depuis la Deuxième Guerre. Toute cette zone a servi aux échanges entre l'Inde et le Proche Orient plusieurs siècles avant même la naissance du Prophète Mahomet (PSSL) et qui vaut à l'île Maurice d'avoir été cartographiée avec le nom de Din a'Robin. Notre pays se trouve ainsi dans un axe historique avec, d'une part, l'intégration des Parsis (Oman et le Yemen faisaient partie de l'empire persan) en Inde et de l'autre, l'intégration des commerçants du Gujerat à Maurice, La Réunion, Madagascar et en Afrique du Sud. C'est vrai que les musulmans issus de la migration de la période engagiste ne peuvent se réclamer de cette même histoire, mais celle-ci est empreinte de la part d'amalgame qui vaut à tous les musulmans de Maurice d'être perçus et reconnus aujourd'hui sous le vocable de 'Lascar'. 
Soodhun en Arabie Saoudite, pour cette diplomatie opportuniste à l’encontre de toute considération humanitaire, est une HONTE NATIONALE que nous imposent ces dirigeants des partis conservateurs.  
Le silence des Jugnauth/Ramgoolam/Duval/Mohammed, et toute cette engeance que nous a infligé Bérenger depuis qu’il s’est fait eunuque garant du harem ethno-castéiste mauricien, est des plus affligeants à l’heure où les enfants qui meurent et qui sont menacés de crever de faim se comptent par millions.
Il faut à tout prix se débarrasser de cette engeance qui, non seulement se montre capable d’ignorer l’extermination de la population civile yéménite, mais délègue un député de la majorité gouvernementale pour quémander les faveurs d’un régime barbare qui a l’appui des Etats occidentaux auxquels le gouvernement mauricien prétend s’opposer sur des questions territoriales.

Démasquer ces gens est un devoir. Je me demande comment on peut se prétendre #Lascar et s’y soustraire.

mercredi 8 novembre 2017

Ce dont parle Soodhun: la faillite d'un système!

Je regarde l'inauguration du Louvre Abu Dhabi. Je sais que dans mon pays on s'intéresse en ce moment surtout à un usurpateur de la légitimité de la composante musulmane de la population. Et c'est sans doute parce que nos communautés musulmanes n'ont pas suffisamment travaillé à vaincre les obscurantismes qu'elles doivent supporter l'association à ce personnage célèbre pour ses délires psychotiques et auquel son parti a néanmoins accordé la responsabilité de présider à leur destinée... Mais est-ce que ce sont seulement les musulmans qui doivent endurer l'embarras du phénomène ou est-ce plutôt, et encore une fois, c'est le personnel politique en place, au pouvoir comme dans l'opposition, et les quelques façonniers de l'opinion publique, que l'on se doit examiner plus scrupuleusement?

Il y a des silences qui ont été lâches et opportunistes, des silences qui ont amplifié les vociférations des individus décadents qui, comme chez d'autres, aliènent la voix des modérés et cultivent les perspectives de l'horreur. En toute impunité, puisque bénéficiant de la complaisance des responsables institutionnels qui se déculottent volontiers face au personnel politique!
Ce soir, sous le dôme consacré à la beauté, on expose fièrement des objets du monde appelés à revigorer tous les combattants de la culture universelle. Dans mon pays, les uns et les autres, à l'encontre de toute raison, prêtent foi à ce personnel politique qui se gargarise de messages unitaires et alarmistes qui ont toujours fait leurs fonds de commerce. Ils ont pour eux ces praticiens des médias d'un genre nouveau qui parient sur l'imbécilité de la plèbe, plutôt que de seulement souscrire à l'information de la masse.
C'est quand le spéculatif s'érige en raison unique que celle-ci est estropiée de ces exigences et qu'elle déserte l'exercice de la démocratie. Quand un imbécile déconne, qu'il soit puissant ou non, il y a encore dans ce pays une justice qui doit pouvoir s'exercer dans les conditions prescrites par notre Constitution. Mais elle est mise en spectacle pour des individus sans portée populaire et rentre dans l'acceptable pour ceux qui savent s'abriter derrière les paravents du pouvoir partisan.
C'est évidemment parce que certains individus sont convaincus de pouvoir bénéficier de la cécité des autorités que celles-ci sont désormais incompétentes. C'est essentiellement parce que certains individus sont convaincus de pouvoir bénéficier de l'impunité qu'ils osent les récidives.
"En réalité, Soodhun a seulement dérogé aux règles non-établies du politiquement-correct. Car, il sait pouvoir compter sur un système lui permettant d'activer les leviers et les pistons de l'ingénierie sociale pour que s'exerce, encore et encore et ce depuis le temps de l'esclavage, cette discrimination qui puise sa justification politique dans la stigmatisation!"
Les événements ne se produisent pas par la seule conjugaison de nombreux hasards. Dans mon pays le mal est systémique; il est généré par un ensemble de facteurs provenant TOUJOURS d'un même système: celui de la peur des uns entretenue par rapport aux autres. Et c'est ce système qui, depuis cinquante ans, donne aux Mauriciens des représentants qui consentent volontiers à user de cette catégorisation qui rend légale la définition d'une catégorie fourre-tout que l'on désigne comme la "Population Générale". Une catégorie tellement stigmatisée et meurtrie avec le consentement de tous, que le plus authentique de cette caste politique méprisante se soit permis de l'exprimer, car c'est aussi l'expression de ceux qu'ils représentent légitimement et légalement!
Dans mon pays s'exercent les phobies diverses des multiples courants nationalistes et sectaires. Un terreau fertile pour faire pousser les ambitions de quelques pays dits amis... Et, Jugnauth, le petit comme le père, n'auront pas su considérer la portée de nos lois pour que soient rapidement identifiés les Mauriciens agents d'un pays étranger qui viendrait semer le trouble parmi la population. Faut-il s'en étonner quand eux-mêmes ferment les yeux sur l'émissaire revenant de chaque voyage post-scandale, avec des promesses et des emballages ? A quoi faut-il s'attendre quand eux-mêmes reçoivent obséquieusement ces éminences de la spiritualité que le nationalisme hindou produit à foison au grand dam des intellectuels indiens? A quoi doit-on s'attendre quand on vante les seuls vertus de Gandhi et qu'on n'est pas capable d'étudier ses propos racistes envers les Kaffirs. C'est quoi les Kaffirs? Ce sont les cafres, les nègres, les noirs, toute cette partie de la population astucieusement glissée dans cette catégorie qui défie toute forme de catégorisation sociale, et qui est l'injure des législateurs à l'intelligence autant des sociologues que des juges!
En réalité, Soodhun a seulement dérogé aux règles non-établies du politiquement-correct. Car, il sait pouvoir compter sur un système lui permettant d'activer les leviers et les pistons de l'ingénierie sociale pour que s'exerce, encore et encore et ce depuis le temps de l'esclavage, cette discrimination qui puise sa justification politique dans la stigmatisation!
"En fait, la vraie information consiste à dire aux Mauriciens qu'ils sont des couards et des pleutres! En 2017, ils ont encore peur de leurs compatriotes comme ils ont peur de Touni Minuit!"
Oui, le mal est systémique, et on aurait tort d'accorder davantage de crédit à ceux-là, journalistes et politiques, qui invoquent ad nauseam ce tissu social fragile, sans que l'on ne s'interroge un tant soit peu sur la pertinence de cet argumentaire. Disons-le clairement: l'argument du "tissu social fragile" est celui de ceux qui ont la responsabilité de l'entretenir et de le solidifier pour une réelle cohésion sociale. Et, dans ce cas, il s'agit, en réalité, de l'aveu de la faillite dans cette mission qui leur est confiée!
Or, ces gens-là n'arrivent pas au pouvoir comme on obtient des champignons après la pluie. C'est à partir d'un système qu'ils ont phagocyté qu'ils parviennent à se reproduire et, on ne s'en débarrassera pas sans se débarrasser de tout un système. Or, ce système repose uniquement sur les peurs populaires que le personnel politique est en droit d'entretenir puisqu'il accède à la députation par ce biais. En fait, la vraie information consiste à dire aux Mauriciens qu'ils sont des couards et des pleutres! En 2017, ils ont encore peur de leurs compatriotes comme ils ont peur de Touni Minuit!
Peut-on se contenter de seulement voir le côté sombre de Soodhun quand il est question d'un système qui, en réalité, exploite les obscurantismes? C'est la question qu'il faut oser se poser.